Les Québécois musulmans - près d'un demi-siècle de relations
Le dernier jour de la semaine fut riche en rencontres marquantes. Mohamedali Jetha, candidat du Bloc Québécois de la Circonscription de Laval-les-Îles, m'a accompagné pour rencontrer particulièrement les électrices et les électeurs arabophones. Mohamedali Jetha est un Québécois né au Burundi, qui a passé une partie de son enfance au Congo, et arrivé au Québec en 1974. Il a été machiniste pendant trois décennies à Bombardier. Il est polyglotte et surtout très passionné! J'ai ainsi pu entrer en contact amicalement et aisément avec des concitoyens arabophones et pu échanger avec eux.
Ce fut par ailleurs ma rencontre avec l'Imam, le Président et le Secrétaire général de la Mosquée Al-Islam qui fut le moment fort de cette journée. La Mosquée Al-Islam, fondée par le Centre Islamique du Québec, est la première mosquée du Québec, fondée en 1965. C'est tout de même intéressant de savoir que les Québécois de religion musulmane sont officiellement établi depuis près d'un demi-siècle. Je fus également étonné d'apprendre que selon l'Imam qui occupe la Chaire de la Mosquée depuis 20 ans, j'étais le premier politicien souverainiste à être invité et que seuls Paul Martin et Stéphane Dion étaient venus auparavant. Nous avons parlé plus de 2h30. Je suis d'ailleurs invité à prononcer un discours d'une dizaine de minutes devant les fidèles de la Mosquée. J'en suis honoré. Mais surtout, je veux en profiter pour envoyer un message aux valeurs universelles qui animent les Québécois. Je veux leur parler d'ouverture, qui s'exerce de part et d'autre. Le dialogue et l'échange doivent continuer d'exister entre Québécois de toutes origines et de toutes religions. Mais plus que tout, l'ouverture d'esprit doit primer, et ce tant du côté des Québécois de religion musulmane qui doivent comprendre l'importance de l'égalité hommes-femmes et du français comme langue publique commune que du côté des Québécois non musulmans qui doivent comprendre le désir des Québécois de religion musulmane de s'intégrer dans la société. Nous avons beaucoup échangé sur l'épisode d'Hérouxville et des accommodements raisonnables. L'Imam m'a aussi sensibilisé sur le fait de pouvoir être consulté à l'occasion de questionnements, de positions ou tout autre sujet devant lequel nous, comme souveranistes et non musulmans, pourrions avoir. Évidemment, de nombreux échanges existent depuis des décennies entre Québécois mulsumans et non-musulmans, mais toute occasion de bâtir des ponts permettra que tombent les mythes et que se construisent de nouvelles relations.



