Des débats musclés
L'adage « À vaincre sans périls, on triomphe sans gloire » s'applique très bien dans cette campagne. Les libéraux se font rares dans les rues de Saint-Laurent, prenant pour acquis le vote des Laurentiens et Laurentiennes. Des périls, il y en a dans le comté dont les classiques conceptions sur le Parti Québécois, ses politiques sociales et son projet de pays. Deux échanges plus musclés ont retenu mon attention. Dans les deux cas s’en suivit un débat qui s’est terminé par un refus de signer mon formulaire de candidature du Directeur général des élections, refusant ainsi que le Parti Québécois puisse présenter une alternative aux électeurs du comté!
L'un d'eux m'a affirmé que pour lui, tant le PLQ que le PQ étaient des partis dépensiers, qui n'avaient pas de considération pour l'effort individuel et la responsabilité individuelle. Il était d'avis que leurs politiques, notamment à l'égard des plus démunis, étaient irresponsables. Il se plaignait également de la consigne imposée sur les bouteilles et les canettes, m’indiquant que l'État n'avait pas à y dépenser « de son argent », que le recyclage pouvait très bien reposer sur les individus seulement.
Au contraire, lui rétorquais-je, le Parti Québécois valorise l'effort individuel en encourageant l'entrepreneuriat - sous toutes ses formes - mais que l'État par son action posait des gestes importants pour le mieux-vivre ensemble. Parmi ceux-ci, faire en sorte que collectivement, nous puissions aider individuellement les personnes / les organisations qui sont dans le besoin. Que l'État était le plus puissant outil de redistribution de la richesse visant à atténuer les déséquilibres liés aux aléas de la vie d'un individu, que ce soit dû à sa condition physique à la naissance, à une condition sociale liée à la famille, à une condition géographique, etc. Bref, que nous naissons et héritons tous d'un univers des possibles bien différent et que nous avons la chance comme citoyens de consentir, à travers l'État, que de l'aide soit apportée à ces gens. Quant à la question de la consigne, je crois que c'est un système qui fonctionne bien, qui mérite que l'on évalue ses retombées mais il m'apparaît aussi que c'est un moyen d'inciter les gens à rapporter leurs contenants afin d’éviter de grossir encore plus les dépotoirs. De plus, pour certains de nos concitoyens, il s'agit là d'un moyen de se faire un peu d'argent. Mais bon, c'est difficile de concilier les idées d’un «libertaire» avec celles d’un progressiste, on dirait bien!
Le second échange musclé dans la langue de Shakespeare était à propos du projet de pays du Parti Québécois. Mon interlocuteur m'a fait valoir qu'il trouvait que l'option du Parti créait de l'instabilité à l'échelle canadienne, ce à quoi je lui ai répondu que le trou béant qui persiste depuis 1982 dans la Constitution, celle qui n'a pas la signature du Québec - malgré des gouvernements fédéralistes au pouvoir à Québec - était à la base de cette instabilité dont il me faisait état.
Comment un pays qui se dit démocratique peut-il ignorer de manière si grossièrement indifférente une partie aussi importante de sa population, lui rétorquais-je? Bien sûr, les souverainistes savons fort bien que le Canada est irréformable et que de chercher à obtenir l'ensemble de nos moyens, jusqu'à notre pleine et entière souveraineté, est la seule voie. Mais de l’éducation populaire reste à faire et nos adversaires sont bien organisés. C'est pourquoi je crois que le Plan Marois pour un Québec souverain permettra de prendre cette voie, de manière plus forte, plus affirmée et plus pédagogique auprès de l'ensemble des Québécois, toutes origines confondues.




Commentaires
BONNE CHANCE
Cher M. Leclerc,
j'ai beaucoup d'admiration
pour votre courage et le travail que vous investissez
dans cette élection difficile.
Nos meilleurs voeux vous accompagnent,
Jean Chatillon, compositeur et conteur
Bécancour
Site : jeanchatillon.com
Je supporte entièrement le
Je supporte entièrement le Parti Québécois dans cette élection partielle. Bonne chance M. Leclerc et puissiez faire entendre raison aux citoyens récalcitrants en les encourageant à voter pour vous. Jean-Marc Fournier ne mérites aucunement cette place que lui et son parti croient d'ores et déjà acquise, à un tel point qu'il a obtenu sa place au cabinet avant même d'être élu !
J'espère sincèrement que la population de Ville St-Laurent vous donnera son appui afin de faire comprendre une bonne fois pour toutes à ces petits arrogants et prétentieux Libéraux qu'il ne sont plus les bienvenus !
Élection partielle St-Laurent
Le PQ fait un travail formidable à l'Assemblée nationale.
Merci beaucoup pour votre courageuse implication. Bravo. Tout est possible.
Je vous envoie ma contribution.
Félicitations pour votre courage!
Saint-Laurent est une circonscription où j'ai vécu longtemps.
En 1966 (vous n'étiez pas encore né!), j'y ai fait campagne avec Rodrigue Guité et le RIN.
J'ai fait du porte à porte dan les rues de Cartierville...
Mais il ne faut jamais désespérer.
Je vous envoie ma modeste contribution d'ici quelques minutes.
YC
Des débats musclés
En effet monsieur Leclerc, on ne peut plaire à tout le monde. Les libertaires croient que la responsabilisation individuelle peut à elle seule contrer les différents problèmes auxquels notre société fait face. Or, l'histoire nous montre que, bien souvent la seule façon de changer les pratiques, et ce pour le mieux de tous, passe par l'implication des autorités. La société civile et ses instances doivent montrer l'exemple (ce qui est de moins en moins le cas concernant le gouvernement Charest).
Le fait est, concernant la consigne des bouteilles, l'environnement, la dette, les services sociaux et autres, qu'il y aura toujours des gens adhérant au proverbial adage de Louis XV "après moi, le déluge". Des gens ne voyant pas plus loin que le bout de leur nez et se foutant de ce qu'ils laisseront derrière pour les générations futures. Nous, progressistes, pensons au contraire que nous avons un devoir de transmettre un monde meilleur à ceux qui nous suivront. Et, selon moi, ce monde meilleur inclue l'indépendance nationale. Une indépendance où, enfin, les Québécois seront libres de gérer leurs richesses et leur avenir comme ils l'entendent. Et ce, sans devoir courber l'échine devant des politiques économiques, sociales ou tarifaires répondant aux besoins d'autres sociétés vivant à des centaines, voir des milliers de kilomètres d'ici et qui ne rejoignent pas nos intérêts.
Bonne campagne!